Le projet de l'école
Une école associative et laïque, sous contrat avec l'État, qui enseigne en occitan béarnais et met les enfants en situation de chercher, de coopérer et de décider.
L'immersion, concrètement
À la Calandreta, l'occitan n'est pas une matière ajoutée à l'emploi du temps : c'est la langue de la classe. On compte, on se dispute, on lit et on chante en béarnais. La langue est à la fois l'outil et l'objet de l'apprentissage.
Le français est introduit progressivement à partir de la fin du CP. À la fin de l'école élémentaire, les enfants lisent, écrivent et parlent les deux langues. Les programmes suivis sont ceux de l'Éducation nationale, comme dans toute école sous contrat.
Les familles n'ont pas besoin de parler occitan. La plupart des parents ne le parlaient pas avant d'arriver, et certains l'apprennent en même temps que leur enfant.
Deux langues, un seul cerveau — et il s'en accommode très bien
Apprendre tôt dans deux langues entraîne l'attention et la mémoire : l'enfant s'habitue à passer d'un système à l'autre, à choisir ses mots, à comprendre qu'une même chose peut se dire de plusieurs façons. Cette souplesse lui servira pour toutes les langues qu'il rencontrera ensuite.
L'inquiétude la plus fréquente des familles est celle de la confusion entre les langues. Elle n'a pas lieu d'être : les enfants distinguent très tôt leurs langues et savent à qui parler dans laquelle. Le français, qui les entoure partout, n'est jamais en danger.
Des pédagogies actives et institutionnelles
L'école s'inspire des pédagogies Freinet et de la pédagogie institutionnelle. On apprend en faisant, puis on met des mots sur ce qu'on a fait. Quatre principes reviennent chaque jour.
L'autonomie
Chacun sait ce qu'il a à faire, dispose de son plan de travail et avance à son rythme.
La coopération
On s'entraide entre âges différents. Le plus grand explique, et en expliquant, il apprend.
Le conseil
Les règles de la classe, les projets et les conflits se discutent en conseil. Les décisions sont prises collectivement et s'appliquent à tous, adultes compris.
L'expérience
La vie quotidienne — le repas, le jardin, une sortie, une correspondance — devient la matière première des apprentissages.
Évaluer sans classer
Les progrès sont suivis par couleurs. Elles disent où en est l'enfant dans un apprentissage donné : ce qui est acquis, ce qui est en train de se construire. L'enfant lit lui-même son parcours et se compare à lui-même plutôt qu'aux autres.
Laïque, associative, ouverte
La Calandreta est une école associative et laïque, sous contrat avec l'État. Les enseignants sont rémunérés par l'Éducation nationale. Une petite participation financière est demandée aux familles pour contribuer au salaire de l'aide maternelle. L'association finance également le matériel pédagogique et les autres salaires du personnel d'appui grâce aux cotisations, aux fêtes et aux ventes de soutien.
Les familles ne sont pas des clientes : elles font partie de l'école. On y tient une assemblée générale, on y décide ensemble, on y donne un coup de main.
Une langue qui n'est pas un souvenir
Le béarnais que parlent les enfants est celui du pays : celui des voisins, des chants, des contes et des fêtes. L'école fait vivre cette culture au présent plutôt que de la conserver sous vitre — en chantant, en jouant, en rencontrant ceux qui la parlent encore chaque jour.
